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 « Bretton Woods 2 » : ce que nous apprend l'histoire

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saraserrhini



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MessageSujet: « Bretton Woods 2 » : ce que nous apprend l'histoire   Dim 4 Jan - 16:44

« Bretton Woods 2 » : ce que nous apprend l'histoire
[ 13/11/08 ]
Ainsi donc, nos dirigeants vont aimablement refonder le capitalisme ce week-end. A Washington, ils doivent tenir un « Bretton Woods 2 », censé faire écho au « Bretton Woods 1 », qui avait eu lieu en juillet 1944. Après la conférence qui avait créé le FMI, la Banque mondiale et un système monétaire international, il s'agit de repenser les règles de la finance mondiale. Mais leur conférence risque de moins ressembler à celle de 1944 qu'à celle de 1933. Car il y a eu à Londres cette année-là une rencontre pour remettre d'aplomb la planète économique et monétaire, une sorte de « Bretton Wood 0 ». Les dirigeants butèrent sur un obstacle, sur lequel leurs lointains successeurs risquent aussi de buter. Une fois encore, l'histoire éclaire le présent.
Nous voilà en juin 1933. La crise économique ravage le monde développé. Six grands pays se retrouvent pour mettre à plat les sujets qui fâchent - dette des pays européens à l'égard des Etats-Unis suite à la guerre de 1914-1918, pagaille monétaire, effondrement des échanges suite à l'adoption de mesures protectionnistes. Le président des Etats-Unis nouvellement élu, Franklin Roosevelt, décide de ne pas venir, un peu comme Barack Obama en 2008. Il préfère prendre quelques jours de repos sur un yacht (ça ne s'invente pas). En revanche, le journaliste et romancier Herbert George Wells, auteur de la fameuse « Guerre des mondes », assiste à la conférence de Londres. Il en fait le point de départ d'un livre de fiction publié fin 1933. Il y raconte comment Edouard Daladier, le chef du gouvernement français, invoque « l'urgente nécessité d'un développement progressif de grands travaux à travers le monde pour absorber le chômage et restaurer la consommation ». Du keynésianisme avant Keynes... Wells raconte surtout la montée des égoïsmes qui fit échouer la conférence. Après un début prometteur, « les délégués nationaux commencèrent à insister de manière de plus en plus explicite sur le fait que les intérêts nationaux ne devaient pas être sacrifiés sur l'autel de l'intérêt général, et il devint bientôt douteux qu'il puisse exister quelque chose comme l'intérêt général. La Conférence économique mondiale devint par d'imperceptibles transitions un Conflit économique mondial ».
Dans son discours de réception du prix Nobel en 1951, Léon Jouhaux raconte aussi le sommet de Londres, et d'autres qui se tinrent à la même époque. Le syndicaliste qui fonda FO, ardent militant pacifiste, n'est guère plus amène : « Toutes ces conférences, toutes ces réunions ne parvinrent pas à guérir le monde de la crise économique : la volonté d'organiser le monde rationnellement ou tout au moins de pallier ses incohérences les plus apparentes avaient été moins fortes que l'inertie alliée à l'égoïsme et à l'incompréhension. »
Le risque est donc clairement cerné : l'intérêt général doit être pris en compte au-delà des logiques nationales qui emmènent vers des replis dangereux. Le bon fonctionnement de la finance est un « bien public mondial ». Pour le sommet de Washington, le message est limpide. Les gouvernements doivent agir sinon ensemble, du moins de manière coordonnée, pour endiguer la crise et donc sauver les banques, gérer les taux d'intérêt, lancer des programmes de soutien budgétaire, contenir les tentations protectionnistes. Puis, toujours ensemble, inventer des régulations plus efficaces et plus effectives sans être paralysantes.
La refonte des institutions créées à Bretton Woods ne peut plus être reportée aux calendes grecques. En temps de crise, le FMI redevient un acteur essentiel. Pour soutenir les grands pays émergents qui affrontent une fuite de capitaux, il lui faut de l'argent, beaucoup plus que ses ressources actuelles de l'ordre de 250 milliards de dollars. Là aussi, il faudra circonvenir les intérêts nationaux. Car le pouvoir au sein du FMI doit représenter les puissances économiques d'aujourd'hui et de demain, pas celles d'avant-hier. Aujourd'hui, la Chine a 3,66 % des droits de vote, l'Inde 1,91 %, le Brésil 1,40 %, alors que les grands pays occidentaux ont environ 5 % (4,86 % pour la France, 5,99 % pour l'Allemagne) et les Etats-Unis 16,79 %. La France devra par exemple accepter une diminution de son pouvoir. Le même raisonnement vaut pour les instances informelles comme le G7. Ce n'est pas un hasard si la conférence de Washington réunit un G20 où participent la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud ou le Brésil aux côtés des pays occidentaux.
Au-delà, il faudra aussi envisager de nouvelles institutions. Les propositions abondent. Dans un livre électronique publié lundi sous la houlette de deux économistes réputés, Barry Eichengreen et Richard Baldwin, des experts proposent entre autres une Charte bancaire internationale, une Organisation financière mondiale, un cadre réglementaire planétaire des agences de notation, de nouveaux mécanismes en cas d'insolvabilité. La réussite de « Bretton Woods 2 » ne se mesurera pas à ses résultats, mais à sa capacité à enclencher une dynamique. L'idée d'un nouveau sommet dans 100 jours est à cet égard intéressante... à condition d'être conscient que la pression ne remplacera jamais l'envie.
Une épée de Damoclès restera cependant suspendue au-dessus de nos têtes, une épée qui n'existait pas en 1933 ou en 1944. C'est le doute sur la capacité des Etats à résister financièrement à la crise. Antan, on parlait de « faire sauter la banque ». Aujourd'hui, il y a un risque de « faire sauter l'Etat », tant sont colossaux les engagements pris ces dernières semaines par les pouvoirs publics pour sauver des institutions financières en pleine déconfiture. L'Islande a déjà explosé. Récemment, l'Espagne, l'Autriche et la Belgique ont reporté plusieurs émissions d'obligations d'Etat pour éviter de payer trop cher. Le pire est loin d'être sûr, mais il ne saurait être exclu. La crise des années 1930 avait légitimé l'action publique. « Bretton Woods 1 » avait consacré le rôle des Etats de manière éclatante. Dans les années d'après-guerre, ils paraissaient en mesure de piloter les économies. Mais aujourd'hui, ils accumulent de la dette à une rapidité inconnue en temps de paix. « Bretton Woods 2 » est peut-être leur dernière chance.

JEAN-MARC VITTORI est éditorialiste aux « Echos ». jmvittori@lesechos.fr

et aussi un lien intéressant sur bretton woods 2, mais malheureusement en anglais :s:s http://en.wikipedia.org/wiki/Bretton_Woods_II
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MessageSujet: Re: « Bretton Woods 2 » : ce que nous apprend l'histoire   Dim 4 Jan - 18:47

Merci sara pour cet article, c'est très intéressant et enrichissant aussi.
Ce que je comprends, le monde cherche la stabilité à travers un chemin qui mène à l'ancien SMI, celui de Bretton Woods (1944-1971).

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